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Organisation de l'histoire : par où commencer? Ou plutôt par quoi?

La structure régulière d’une histoire se divise en trois actes: le début, le milieu et la fin.

Mais la façon de présenter ces trois actes, la façon de les raconter, donc le récit, n’est pas forcé de commencer par l’acte 1, traverser l’acte 2 pour terminer avec le troisième acte. En autant que l’histoire comporte ces trois actes et que ceux-ci contiennent tous les éléments nécessaires, pour ce qui est de l’organisation de l’histoire, vous avez une certaine liberté!

Début du récit et début de l’histoire

Vous savez déjà que vous devez piquer la curiosité du public dès les premières minutes. Cependant, il n’est pas fréquent que l’acte 1 en soi contienne un élément digne d’intriguer immédiatement le spectateur/lecteur. Rien ne vous oblige à commencer l’histoire par l’acte 1 avec toutes ses présentations de personnages et de mise en place des éléments significatifs, qui sont absolument nécessaires, mais un peu plat.

Vous devrez choisir minutieusement par où commencer votre histoire et avec quoi. Vous pouvez bouleverser l’ordre chronologique à souhait, en autant que la cohérence et la compréhension de l’histoire par le spectateur/lecteur ne soient pas affectées et en autant que vous n’éliminez pas par mégarde des informations nécessaires. Car en manipulant l’ordre chronologique, vous changez l’ordre normal de présenter les éléments de l’histoire. Cela demande une vigilance et une habileté.

Reprenons nos 3 actes:

-    Le premier acte se termine par l’élément déclencheur et représente environ 25% du texte. Il présente le protagoniste et son but.

-    C’est dans le deuxième acte que l’action se déroule et que tout se complique. À la fin du 2e acte, la situation est désespérée. (50% du texte)

-    Au cours du troisième acte, l’action s’accélère et atteint le point culminant inattendu. C'est la conclusion de l'histoire et représente le dernier quart du texte.

L’ordre chronologique

C’est la façon la plus simple de raconter une histoire, en commençant par le début, vous enchainez avec la progression et vous finissez par la fin. Ainsi, toutes les informations dont le public a besoin pour suivre et comprendre l’histoire sont présentées dans le bon ordre, au bon moment.

Commencer par l'élément déclencheur

Avec cette formule, et grâce à l’ellipse, vous commencez avec la présentation d’un problème à résoudre. C’est un commencement plus accrocheur que n’importe lequel des éléments contenus dans le premier acte. Le spectateur/lecteur ne connait pas encore très bien le personnage principal, ni d’où il vient, mais il sait à quoi il est confronté. Il connaîtra donc le personnage en le voyant évoluer dans les scènes de progression.

Ou vous pouvez avoir recours au retour en arrière pour venir présenter le “avant” de l’élément déclencheur, ce que le public a raté en commençant l’histoire par l’élément déclencheur. Dans ce cas, toutes les informations contenues dans le premier acte devront être présentées avec du rythme et une certaine vitesse, sinon vous risquez de perdre l’intérêt du spectateur/lecteur, avide de connaitre les solutions potentielles au problème présenté.

Commencer par une scène de progression

Le principe est le même que précédemment, en seulement vous débutez l’histoire avec une scène de progression, c'est-à-dire une scène de l’acte 2.

Le personnage est présenté en pleine action. Le spectateur/lecteur ne le connait pas et en plus, il ne sait pas ce qui a pu déclencher toute cette action. Il sera agrippé aux bras de son divan, soyez-en certain. Mais il vous faudra beaucoup d’habileté pour, dans un premier temps, maintenir son intérêt car tout le reste de l’histoire lui semblera banal après avoir assisté à cette scène d’action, et dans un deuxième temps, intégrer toutes les informations de l’acte 1 et de l’élément déclencheur. Deux options s’offrent à vous. Effectivement, une fois la première scène d’action terminée, vous pouvez toujours avoir recours au retour en arrière, qui sera plus costaud que dans l’exemple précédent puisqu’il contiendra l’élément déclencheur en plus de l’acte 1 tout entier, avant de poursuivre avec la prochaine scène d’action.

Ou vous pouvez opter pour l’intégration, ici et là, d’indices et d’éléments de présentation de la situation, du personnage, du problème à résoudre, de l'objectif, etc. Le public prendra plaisir à découvrir peu à peu le personnage en le voyant agir et réagir, en pleine action. Il sera des plus attentifs au moindre indice que vous lui laisserez pour qu’il se fasse une idée de la mission du personnage, de ses motivations, etc. Mais assurez-vous que ce tourbillon ne sera tout de même pas trop difficile à suivre.

Commencer par la fin!

Alors, après avoir exposé la fin, toute l’histoire consistera en un énorme retour en arrière. Il existe plusieurs façons d’exploiter les retours en arrière, selon le type de récit, le sens qu’on lui attribue, l’utilisation qu’on en fait, etc.

D’abord, les “flash-backs puzzle”. Il s’agit de plusieurs petits flash-backs présentés en rafale, qui dévoilent à chaque fois un élément nouveau permettant de comprendre la fin que le public vient de voir. Ce type de retour en arrière est utilisé principalement dans les récits de mystère où plusieurs témoins racontent leur version de l’histoire, leur point de vue ramenant ainsi au présent des scènes du passé et laissant planer une certaine ambiguïté quant à la véracité de ces versions des faits.

On peut commencer le récit par le dénouement de l’acte 3 ou par un moment très proche du dénouement. Cette méthode est souvent utilisée dans les récits où le personnage principal est appelé à se remémorer ce qui l’a mené dans une telle situation. Par exemple, quand le personnage est dans l’attente d’un jugement. On remonte les événements qui ont conduit le personnage à attendre son jugement. Il y a un jeu habile sur la narration qui doit être fait. Le personnage principal raconte au présent des événements passés. Et à l’intérieur de ces flash backs, les événements du passé sont présentés au présent. Et pendant que le personnage se remémore, le temps n’est pas suspendu, il s’écoule. Il y a alors un compte à rebours implicite qui se crée dans l’esprit du spectateur/lecteur. Cette formule peut aussi être utilisée, par exemple, dans le cas où un personnage vivant paisiblement raconte sa dure vie dont un des éléments refait surface et amène des conséquences au dernier quart ou dernier tier du récit présent.

Il y a finalement, le retour en arrière qui révèle un souvenir traumatisant enfoui et oublié depuis si longtemps. Procédé souvent employé dans les drames psychologiques.

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