Admission 0

La narration extradiégétique : narrateur omniscient 101

Dans l’élaboration d’une histoire, vous avez toujours ce choix: un narrateur impliqué dans l’histoire (ou la diégèse) ou un narrateur témoin.

Dans le jargon scénaristique, on les appelle respectivement narrateur “intradiégétique” (personnage principal ou tout autre personnage en relation avec le personnage principal ou apparaissant d’une manière ou d’une autre, à un moment donné, dans l’histoire) et narrateur “extradiégétique” (un témoin qui voit tout et qui suit l’action sans jamais y être impliqué ou encore l’auteur).

Le narrateur extradiégétique

Commençons par le narrateur le plus fréquent, le narrateur extradiégétique. Il y a plusieurs types de narrateurs extradiégétiques.

Le narrateur omniscient

Il est partout, dans tous les lieux en même temps, donc il voit tout. Il a accès aux pensées et réflexions de tous les personnages, donc il sait tout. Il voyage même dans le temps. Il a la faculté de se projeter dans le futur ou de faire des retours dans le passé. Le narrateur omniscient est ainsi un maître du jeu extrêmement puissant. Et par son point de vue, le public a accès à toutes les informations dont il a besoin pour sa bonne compréhension de l’histoire. Il procure du plaisir au public par sa simplicité. C’est le narrateur “traditionnel”, utilisé à la troisième personne. C’est le narrateur dont nous sommes portés naturellement à utiliser. Et c’est également le plus facile à exploiter. Mais trop de facilité peut devenir ennuyant, autant pour l’auteur que pour le public.

Le recours à un narrateur omniscient, puisqu’il donne accès à toutes les informations possibles, facilite l’aménagement de coïncidences, de liens à établir, de parallèles à amener, si l’on souhaite complexifier l’histoire et maintenir l’intérêt du public. Parce que du tout cuit dans le bec peut devenir lassant pour ce dernier, il voudra qu’on le fasse travailler un peu par moment. Autant le narrateur omniscient est rassurant pour le spectateur/lecteur en le prenant par la main, autant le public peut s’ennuyer avec ce narrateur parce que l’histoire devient trop simple à suivre.

Pour le maintenir intéressant, faites du narrateur omniscient le complice du public. Faites-le intervenir sur les événements, lui faire commenter l’action ! Le spectateur/lecteur sait qu’il se fait mener en bateau, c’est de la fiction. Mais que le narrateur omniscient, au lieu de se satisfaire de montrer l’histoire, se permette de s’adresser directement au public peut devenir un effet intéressant ! De cette façon, il peut même induire le spectateur/lecteur en erreur, le mener sur de mauvaises pistes, lui mentir ! Ce narrateur omniscient trop souvent effacé de l’histoire se révèle en manipulant le public qui se prête au jeu ! Dans ce cas, le narrateur omniscient ne prétend plus être objectif. Il prend, en quelque sorte, position.

Attention, pour demeurer omniscient, le narrateur ne doit pas provoquer l’action ou des réactions de personnages, il doit leur demeurer inaccessible et n’a aucun moyen d’influencer le cours de l’histoire, seulement la façon de la raconter.

En littérature, l’auteur lui-même peut représenter le narrateur omniscient. Et en tant qu’auteur, il a une longueur d’avance sur tout autre narrateur omniscient puisqu’il peut mettre sa personnalité à profit en teintant la façon de raconter! Il se devra d’être intéressant dans sa façon d’amener les choses et de les expliquer, dans la façon de donner vie aux personnages. Il devra savoir partager ses sentiments, ses inquiétudes, sa colère, etc. afin de susciter des émotions chez le public. Il doit avoir cette capacité de l’émouvoir sinon, autant se satisfaire du narrateur omniscient traditionnel.

Pour en savoir plus sur la narration, suivez la formation offerte par Version finale!

Pour recevoir nos articles par courriel, inscrivez-vous à l'infolettre (ici, plus bas)!

 



Article précédent Article suivant


Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés