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La rédaction des dialogues selon les règles de l'art!

Vous devrez, tôt ou tard, vous mettre à rédiger des dialogues pour votre histoire. Laissez parler l’image et l’action. Montrer plutôt que dire “désintellectualise” l’histoire. Le public sentira l’histoire, vivra l’histoire, plutôt que de l’entendre et se la faire expliquer. Il aura une forte impression de participer, d’être actif plus que passif, même si en réalité, il restera confortablement installé dans son fauteuil!

Donc, réduisez les dialogues. Mais pas tout de suite. Mettez tout ce que vous avez dans votre première version, puis épurez la deuxième. Cela demeure la méthode la plus simple, efficace et facile! De plus, se laisser aller complètement sans tenir compte des éventuelles contraintes et règles vous reconnecte à l’histoire que vous voulez raconter, avec toute votre authenticité. On tiendra compte des contraintes dans une relecture.

D’abord, partez de votre dernière version et étoffez-la, une scène à la fois.

Rassemblez toute l’information et les éléments que la scène doit contenir, sa fonction. Une fois que vous maîtrisez le contenu, commencez la rédaction du premier jet des dialogues de cette scène.

Écrivez comme cela vous vient. Vous savez que vous y reviendrez plus tard, lorsqu’il sera temps d’en faire une relecture pour préparer la prochaine version. Vous analyserez tous les détails et vous vous poserez des questions rendu là.

Dans la première version, les dialogues vont droit au but. Dans la deuxième, essayez les sous entendus, tournez autour du pot, prenez des petits détours qui ont la même signification, créez des sous-textes. Cela vous donnera des variantes à utiliser au besoin! Toujours dans votre relecture pour en arriver à une version plus soignée, évitez les dialogues trop organisés, trop littéraires, évitez que tout soit dit, diminuez les dialogues et faites jouer le reste par les personnages. Ne donnez pas trop d’indications de ton, laissez du jeu pour le réalisateur ou le metteur en scène (sauf dans le cas du roman).

Un bon dialogue ne doit pas seulement livrer de l’information, il doit être chargé d’une émotion à faire ressentir au public.

Revoyez chaque phrase, chaque mot. Même chaque virgule. Sont-ils tous nécessaires?

Optez pour les phrases courtes. Essayez de remplacer les virgules par des points lorsque c’est possible. Un truc, lisez à haute voix. Les phrases interminables seront plus embêtantes à lire! Dynamisez votre texte en alternant répliques courtes et répliques développées ou encore créez des dialogues banals pour apaiser une scène dramatique. Gardez toujours en tête que si vos dialogues doivent amener de longues explications, c’est que l’information n’a pas été aménagée adéquatement dans les scènes précédentes.

Pour un effet maximal, placez les mots-clés à la fin des répliques. Ils seront plus facile à retenir pour le spectateur/lecteur et auront une plus forte résonance dans son esprit.

Intégrez le nom des personnages dans les premiers dialogues pour les faire connaître au public. Évitez les abréviations. Repérez les répétitions. Bien entendu, il y a des répétitions qui sont pertinentes surtout si elles révèlent un élément nouveau. Éliminez donc les répétitions qui n’apportent pas de nouveau sens. Ceci vaut également pour les répétitions dans les gestes. Par exemple, votre personnage vaque toujours à la même occupation parce qu’on ne sait pas quoi lui faire faire d’autre.

Les dialogues ne doivent intervenir que lorsque l’image ne peut pas livrer l’information d’elle-même. Vous éviterez ainsi le “double-telling”, c’est-à-dire répéter en mots le message que l’image envoie déjà.

Toujours dans votre exercice d’alléger les dialogues, faites en sorte de commencer la scène le plus tard possible (par exemple, cela vous évitera de toujours faire entrer un personnage par la porte d’entrée. Commencez la scène au moment où il est déjà entré et le dialogue est déjà commencé) et faites terminer la scène le plus tôt possible, peut-être même avant la fin du dialogue, pour que la scène soit toujours à deux poils d’être incompréhensible. Vous laissez ainsi le minimum d’indices que le spectateur/lecteur a besoin pour comprendre ce qui se passe. Vous le ferez travailler un peu! Sauf si vous préparez une comédie et que tout l’humour passe par les mots, bien entendu. Vous jugerez alors de la pertinence d’avoir recours à de longs dialogues.

Mais rappelons que les dialogues ne doivent jamais servir à meubler les temps morts. Ils doivent servir à propulser l’action, servir l’histoire, ne jamais l’encombrer.

Dans certains cas, une réplique peut jouer “un rôle” significatif dans l’intrigue ou le déroulement de l’histoire. Par exemple, lorsqu’une réplique prononcée en tout début de récit résonne dans l’esprit du protagoniste tout au long de l’histoire. Ou encore lorsqu’un personnage dit “Je vais me coucher” et qu’il est évident qu’il n’a pas sommeil, cela peut signifier que la discussion l’irrite et qu’il souhaite y mettre fin. Cette réplique qui parait si anodine nous en dit long sur l’état du personnage. Elle nous communique une émotion indirectement. Ce genre de répliques à double sens sont très savoureuses pour le public.

Donc, en résumé, voici rapidement les principales fonctions du dialogue. Lors de votre révision, assurez-vous que chaque réplique correspond à au moins une de ces fonctions: servir l’action ou la commenter, caractériser les personnages et leurs émotions, établir la relation entre-eux, informer le public, ou tout simplement divertir.

Pour en savoir plus sur les dialogues, suivez la formation offerte par Version finale!

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