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La comédie : faire rire, c'est sérieux !

La comédie est considérée comme un genre, tout comme la science-fiction et le western. C’est le petit nombre d’oeuvres comiques qui détache la comédie du lot et en fait un genre. La raison du petit nombre d’oeuvres comiques est très simple : il n’est pas facile de réussir une comédie. Malgré que le résultat soit léger, reste que les techniques de la comédie sont subtiles, délicates et exigent une certaine habileté.

D’abord, la base de la comédie est la limitation humaine. Il s’agit de savoir rire de soi et des autres. Nous allons voir quatre façons de faire.

1- Il y a d’abord la moquerie dite “compatissante”. Prenons par exemple notre maladresse à grimper dans un arbre. En se moquant du personnage qui met un temps fou à atteindre la première branche, on se moque de tous les humains, donc de soi et des autres à la fois.

2- Il y a ensuite la comédie exigeante, c’est-à-dire qu’au-delà de présenter nos propres limitations, cette façon de livrer la comédie nous amène à en retirer une leçon, une morale.

3- Il y a la moquerie dévalorisante, utilisée pour rabaisser un personnage au détriment d’un autre.

4- Et finalement, la démesure. Prenez une scène dramatique et ajoutez y une démesure quelconque et elle tourne instantanément au ridicule. Mais balancez la comédie avec du drame, comme dans les comédies dramatiques, vient assurément enrichir le récit.

Ensuite, cette limitation humaine est appuyée par un décalage. Il peut s’agir d’un décalage entre les personnages, par exemple de deux générations différentes, un décalage dans l’espace, décalage de classe sociale, comme une reine qui doit séjourner chez un paysan, etc. Pour rendre perceptible ce décalage, l’un des personnages doit être “non-décalé”. Dans notre exemple de la reine chez le paysan, le personnage du paysan est dans son environnement habituel. Dans le conflit intergénérationnel, un des personnages doit être parfaitement adapté à la situation ou à l’environnement. Cela permet au spectateur d’établir (ou mesurer) la distance qui sépare les deux personnages, le décalé et le non-décalé et donc d’en rire.

Ou encore, le décalage n’est pas forcé de s’installer entre deux personnages. Il peut se trouver entre les intentions et le résultat final, par exemple.

Pour que ce décalage puisse être efficace, le spectateur ne doit pas avoir trop d’attachement pour le protagoniste, contrairement à la règle habituelle. Il doit avoir du recul par rapport à lui et à la situation. Autrement dit, tout ce qui provoque une identification du spectateur au personnage, le drame, la souffrance, etc. tue la comédie. À moins d’aller dans la démesure et l’excès. La comédie c’est l’art d’exagérer. On peut tout exagérer: l’élément déclencheur, les motivations du personnage, les obstacles, etc.

Une bonne comédie doit être impossible. Les personnages sont impossibles (comédie de caractère) tout comme les situations (comédie de situation). Une autre manoeuvre qui favorise le recul est le recours aux apartés au théâtre et à l’adresse à la caméra à la télé et au cinéma, créant à chaque fois un effet de distanciation, mettant à l’écart quelques instants le personnage de l’histoire.

Mais seul le spectateur/lecteur doit avoir du recul. Les personnages n’en ont pas. Ils affrontent les situations les plus improbables avec détermination et surtout avec le plus grand sérieux. Les protagonistes de comédies ont souvent une belle énergie, une motivation inébranlable, ils sont toujours en mouvement. Les personnages ne doivent pas rire de la situation ou rire de leurs propres réactions. Ils ne doivent pas être conscients du comique de la chose et de leur ridicule.

Et vous devez vous moquer de vos personnages. Par exemple, votre personnage ne s’adapte pas bien à la situation parce qu’il ne remarque pas que les choses ont changé, et que sa façon de faire et de penser est complètement dans le champ. Il répond toujours par des réponses qui n’avancent à rien, il se plonge lui-même dans des quiproquos.

Une autre façon de vous moquer de vos personnages est de les placer en situation d’échec. Une situation d’échec au sein d’une oeuvre dramatique montre le personnage qui surmonte plusieurs obstacles. L’ampleur de ceux-ci est croissante, le faisant progresser vers son objectif. Tandis q’en comédie, même le tout premier obstacle dépasse complètement le savoir-faire du protagoniste. Et toutes ses tentatives le ramèneront au point de départ et même plus bas.

 

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