Admission 0

L’enfant comme public : les particularités de l'écriture jeunesse

On pourrait penser qu’écrire pour un jeune public est plus simple que pour un public mature. Détrompez-vous! Il n’y a que la forme qui doit démontrer une certaine simplicité. Écrire pour les enfants nécessite d’en connaître les règles, les codes, les limites et faire preuve d’autocensure. Pour cette raison, écrire pour les enfants constitue une bonne école pour les auteurs de la relève.

Caractéristique du jeune public

Premièrement, les enfants n’ont pas encore développé de préjugés. Pour se forger une opinion sur la vie et sur tout, ils se fient beaucoup sur les figures parentales et d’autorité mais aussi grandement sur ce que les histoires racontent. Profitez-en pour véhiculer de belles valeurs à leur inculquer et évitez d’inclure vos amertumes, directement ou indirectement. Concentrez-vous sur l’essentiel.

Plus l’enfant est jeune, moins il aura développé son sens critique face à votre récit et moins l’opinion des autres comptera dans son appréciation de votre histoire. Or, ce n’est pas une raison pour lui passer n’importe quoi. Effectivement, du spectaculaire retiendra son attention mais ce n’est pas gage de qualité. Votre récit doit faire preuve d’un minimum de profondeur et susciter des sensations et des émotions chez l’enfant en pleine formation. Il a besoin d’explorer ses sentiments. Et le fait, par exemple, de voir une pièce de théâtre ou un film accompagné de compagnons de son âge qui réagissent aux mêmes moments que lui est une belle expérience sociale pour l’enfant.

L’enfant a aussi besoin de développer son sens de l’humour et en particulier à propos de lui-même. En général, la comédie se moque des limitations humaines. Vous devrez donc vous assurer de vous moquer des limitations propres aux enfants. Par exemple, la peur, le langage, la maladresse. 

Comment raconter pour un jeune public

On recommande d’offrir aux enfants un amalgame de toutes les formes de récit: clowns, théâtres, films, émissions télé, livres, marionnettes, etc. Cependant, les formes ne contenant pas d’images seraient à privilégier, favorisant l’imaginaire des petits. En d’autres mots, la littérature orale et écrite sans illustration. Toutes les autres formes donnent quelque chose à voir. Il ne faut cependant pas croire que les formes de récit imagées n’ont pas de fonction.

Ce que l’enfant peut voir suscite des émotions plus fortes chez lui que ce qu’il peut entendre, et donc un sentiment d’identification plus fort. Pour cette raison, il faut tout de même être prudent avec l’utilisation d’images. Pour atténuer leur influence, le recours aux dessins animés de type “cartoon” est une bonne option. L’enfant se rend bien compte que les vrais souris ne ressemblent pas à Mickey. Cela lui permet d’établir une distance avec l’histoire qu’il reçoit par le dessin animé en se disant que ce n’est pas réel, que ce n’est qu’une histoire. Même chose pour les marionnettes.

Et faites participer le public le plus souvent possible. Cela donne un rôle à l’enfant au sein de l’histoire et le valorise.

En fiction, le hasard est généralement mal reçu par le spectateur/lecteur. Il n’en est pas de même pour le jeune public. La vie des enfants est elle-même beaucoup plus sujette au hasard que la vie adulte. Donc la notion de causalité est moins importante mais elle doit tout de même être présente. L’enfant accepte bien le fait que le protagoniste se fasse aider par des alliés extérieurs, pour la même raison.

Or, il est tout de même plus formateur pour le petit de voir le protagoniste se débrouiller tout seul, qu’il soit capable de trouver ses propres solutions et de se responsabiliser. Et pour cette raison toujours, n’abordez pas le conflit qu’en surface, l’enfant doit bien comprendre l’enjeu lui aussi pour s’attacher aux personnages. Adaptez simplement la façon de présenter les événements et le point de vue adopté.

Plus le public est jeune, plus l’histoire et tous ses éléments doivent être simples, en particulier la description des personnages. Ils ne doivent pas être complexes. Ils sont bons ou ils sont méchants, tout simplement. Et donnez-leur des noms très simples qui peuvent même se réduire à leur rôle. Par exemple, mère-grand, le chaperon rouge, le méchant loup, l’ogre, le roi, etc. Et optez pour une idée “inépuisable”, qui peut se décliner en plusieurs histoires. Les enfants aiment retrouver les personnages qu’ils connaissent déjà, auxquels ils se sont déjà attachés dans d’autres histoires.

Si vous souhaitez que votre récit plaise à toute la famille, c’est-à-dire aux parents également, concentrez-vous d’abord sur les petits comme public visé. Puis, dans une réécriture, vous intégrerez un deuxième niveau le lecture destiné aux parents. Si vous n’êtes pas certain du résultat, racontez votre histoire à des enfants et notez leur réaction, comme dans un "focus group"! Vous connaîtrez alors les passages à réécrire!

Pour en savoir plus sur le public jeunesse, suivez la formation offerte par Version finale!

Pour recevoir nos articles par courriel, inscrivez-vous à l'infolettre (ici, plus bas)!

 



Article précédent Article suivant


Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés