Admission 0

Entre le début et la fin, le milieu. Comment organise-t-on l'acte 2 ?

Dans le premier acte, vous avez présenté le protagoniste ainsi que l'antagoniste. Vous avez créé un élément déclencheur qui impose un objectif à atteindre pour le protagoniste. Et ensuite?

L'acte 2: l'antithèse

Le deuxième acte est l’acte de l’action. Maintenant que le personnage principal est chargé d’une mission, on sait dans quelle direction toutes ses décisions et ses gestes seront dirigés. Sa quête et ses tentatives pour atteindre son but commencent.

Vous devrez faire évoluer deux histoires parallèlement. L’histoire du désir conscient (la ou les tâches à accomplir) et l’histoire du désir inconscient (l’évolution interne du personnage) qui fera surface dans la deuxième partie de cet acte.

Au début, tout se passe comme prévu, le personnage chemine bien vers l’atteinte de son but. Malgré qu’il agit dans un monde qu’il ne connait pas, il franchit les obstacles sans trop d’anicroches. Ses actions et décisions portent fruits. C’est le moment de la fausse victoire. Dans cette partie, le protagoniste ne subit pas, il agit. Il est en contrôle. Il se débrouille assez bien jusqu’à ce qu’on arrive au mid point, ce qui correspond normalement à la moitié du deuxième acte.

Le point de non retour

Dans cette première partie du deuxième acte, c’est-à-dire entre le début de l’acte et le mid point, vous pouvez y faire concorder le point de non retour ou sa perspective. Il n’est pas présent dans tous les récits, mais y ajoute beaucoup de profondeur. Le point de non retour est le moment où l’action n’est plus seulement qu’une période dans la vie du protagoniste, mais représente le moment à partir duquel sa vie ne sera plus jamais la même. Il nous indique que le bouleversement que vit le protagoniste ne sera pas sans conséquence. Le piège à éviter est de le confondre avec un pivot dramatique. Il ne renvoie pas l’histoire dans une autre direction, il suscite réflexion et participation de la part du spectateur.

Le mid point

Mais revenons au mid point. C’est un pivot dramatique, tout comme l’élément déclencheur, mais moins fort que celui-ci. Il renvoie donc l’action dans une autre direction. Il peut s’agir simplement d’un imprévu qui force le protagoniste à changer ses plans. Le mid point est engendré par les actions antérieures du héros ou d’un élément déjà connu. Peut-être a-t-il négligé un aspect de son plan? Peut-être a-t-il commis une erreur sans le savoir? A-t-il rencontré la mauvaise personne au mauvais moment? Le mid point amplifie l’enjeu qui devient plus important, plus dramatique. Son rôle est de casser le ton auquel le public s’est habitué, changer son point de vue, relancer son intérêt et son attention. Le protagoniste a plus de pression, plus de responsabilités. Peut-être a-t-il eu ce qu’il voulait mais cela ne le comble pas autant qu’il le croyait? C’est alors qu’il prend enfin conscience de son fameux besoin inconscient. Son besoin inconscient prend de l’importance. Peut-être même devient-il plus important que le besoin conscient? Cela ébranle ses valeurs, ses convictions. Le personnage amorce une transformation interne. Cette transformation doit être progressive, à travers chaque pivot, et s’étendre jusqu’à la fin de l’histoire. Le personnage ne doit pas se transformer spontanément.

Entre le mid point et la fin du deuxième acte, la situation du protagoniste dégénère jusqu’au désespoir. Est-ce qu'un allier du héros s’avère être un traite? Est-ce que le héros perd sa force, son courage ou sa conviction? Ou réalise-t-il qu’il doit faire un choix déchirant pour pouvoir poursuivre sa quête? Tout à l’heure, il était en plein contrôle. Ici, il subit. Et il doit sacrifier quelque chose pour poursuivre. Ou à tout le moins, risquer de perdre quelque chose.

Le climax

La situation est des plus désespérées. C’est ce qu’on appelle le climax. On ne doit pas l’avoir vu venir, mais il doit être des plus plausibles. La tension est forte. Les scènes raccourcissent pour créer du rythme. C’est le moment le plus intense de l’histoire. On doute même de la capacité du personnage à accomplir sa mission. Tout semble perdu. C’est l’heure de la fausse défaite. Le héros semble être encore plus loin de son but qu’au début. On est dans l’urgence. Le héros n’a plus le temps de penser. Il doit agir.

L’acte deux, c’est aussi l’acte de la progression dramatique, c’est-à-dire que les enjeux rencontrés aux pivots dramatiques sont de plus en plus dramatiques, de plus en plus importants et imposants. Si le niveau de risque demeure toujours le même, le spectateur/lecteur s’ennuiera. Les obstacles que le protagoniste rencontrent sont donc de plus en plus difficiles à surmonter. Et c'est précisément ce que nous aborderons dans le prochain article!

Pour en savoir plus sur l'organisation du deuxième acte, suivez la formation offerte par Version finale!

Pour recevoir nos articles par courriel, inscrivez-vous à l'infolettre (ici, plus bas)!

 



Article précédent Article suivant


Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés