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Comment passer l'information par le dialogue sans le rendre indigeste?

Dialogue informatif 

Il s’agit de communiquer une certaine quantité d’informations.

À éviter. Tentez de trouver d’autres façons alternatives et plus intéressantes de passer l’information. Cependant, dans certains cas, les dialogues informatifs demeurent inévitables.

Évidemment, pour qu’un dialogue informatif ait moins l’air d’en être un, vous pouvez lui donner la forme d’un interrogatoire. Pour que les dialogues aient l’air moins organisés, évitez les réponses tout de suite après une question, une répartie tout de suite après une attaque. Dans la vie, nos réponses aux questions posées peuvent venir plus tard dans la discussion. Insérer des répliques plus anodines entre les questions et réponses, ou attaques et réparties peut être un moyen de “découdre” les dialogues. Ou laisser une question sans réponse parce que la question a amené la discussion ailleurs, etc. Ou encore un personnage en interrompt un autre, volontairement ou pas. Dans la vie, les gens interrompent d’autres personnes, soit pour éviter un sujet, soit pour avoir un certain pouvoir sur la discussion, etc. Un personnage peut aussi s’interrompre lui-même par peur de trop en dire. Ou, en guise de réponse à une question, le personnage pourrait répondre d’un geste, d’un silence, ou par autre chose complètement que la réponse attendue.

Tout ne doit pas être dit. Les personnages, lorsqu’ils discutent entre eux, ne doivent pas tout se dire constamment. À tout le moins, ils ne doivent pas répéter ce que le spectateur sait déjà, ce que les autres personnages savent déjà. Laissez le spectateur/lecteur comprendre par lui-même ce qui n’est pas dit.

Dialogue de caractérisation

Le dialogue de caractérisation est un dialogue dont vous vous servez pour décrire les personnages. Ce type d’information fait aussi partie des informations qu’il est possible de faire passer autrement que par la parole. Or, s’il s’avère “inévitable”, organisez-vous pour qu’il ne serve pas qu’à caractériser vos personnages. Profitez-en pour livrer autre chose, par exemple, en le chargeant d’une tension émotionnelle.

Le dialogue peut caractériser les personnages de deux façons: directement (par exemple, le personnage se confit, il parle de lui-même) ou indirectement (par exemple, le personnage ment et se trahit ainsi). Il communique également l’humeur du personnage, ses émotions, son rôle dans la scène et ses relations avec les autres personnages.

Ce type de dialogue est à utiliser avec précaution. Il est facile de trop en faire dire à nos personnages.

Attention à ce que le personnage ne devienne pas trop “lucide” vis-à-vis l’histoire qu’il vit, vis-à-vis ce qu’il ressent et ce qu’il pense, ou encore vis-à-vis les autres personnages etc. C’est une facilité pour l’auteur qui gâche un peu le plaisir du spectateur/lecteur alors qu’on lui explique tout ce qu’il y a à comprendre sans qu’il n’ait à faire d’effort. Le public n’aime pas qu’on lui dise quoi penser.

Le monologue

Monologue à haute voix

Le monologue à haute voix est rarement plausible. À moins que votre personnage ait le type de personnalité qui rende crédible le recours au monologue. Personne ne se livre à soi-même des explications sur tout et rien, à haute voix, constamment. Si votre personnage est quelque peu spécial, il se peut que ce soit son genre, de se parler tout seul régulièrement. Par contre, cela peut sembler un peu facile pour le spectateur/lecteur. N’utilisez cette méthode que lorsqu’il n’est absolument pas possible de le faire interagir avec d’autres personnages et qu’il n’est pas possible non plus de transmettre l’information autrement. Une autre solution serait de le faire s’adresser à une personne absente, par exemple un défunt ou un disparu. Ou encore votre personnage prie.

Monologue « intérieur »

Passer l’information à l’aide de monologues intérieurs pose un peu le même problème que l’utilisation du monologue à haute voix. Sommes-nous constamment en train de s’expliquer à soi-même tout ce qui se passe autour de nous, le déroulement de nos journées, les actions et réactions des personnes que nous croisons, etc.? Cependant, si votre personnage est du genre à tout analyser constamment parce qu’il est, par exemple, maniaque des détails ou insécure, alors allez-y. Il faut qu’il ait une bonne raison de s’adonner à des monologues intérieurs.

Il y a tout de même des avantages à faire monologuer intérieurement un personnage. Cette méthode donne au public accès aux pensées du personnages, qui ne s’adressent pas directement à lui, sans l’intermédiaire de l’auteur, instantanément, qu’elles aient du sens ou pas, que ce soit consciemment ou inconsciemment de la part du personnage. Puisque l’on parle d’écriture pour l’écran et pour le roman, il peut très bien s’agir d’images mentales. C’est l’occasion de révéler ce que le personnage n’avouerait pas aux autres personnages, ses désirs secrets, ses hontes, ses souhaits, ses peurs, ses souvenirs, etc. Mais si vous optez pour un récit de parole, il sera livré par la narration en JE.

 

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