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Comment diviser votre histoire en scènes et comment rédiger le scène-à-scène?

Cet article s'adresse principalement aux auteurs pour la scène et pour l'écran, mais rien n'empêche aux écrivains de s'en inspirer!

Une scène, c’est un fragment de l’histoire. Créez une nouvelle scène chaque fois que l’on change de lieu ou de temps (en ayant recours à l’ellipse entre deux scènes). Il y a une exception: le plan séquence à l’écran. Le plan séquence est un plan qui peut traverser plusieurs lieux sans interruption, en suivant les déplacements d’un personnage par exemple. Vous devez l’indiquer lorsqu’il s’agit d’un plan séquence. Vous devez également indiquer les flash back et les flash forward.

Dans le scène-à-scène ou le canevas, vous y décrivez l’action de manière objective, neutre, voire un peu sèchement. Décrivez uniquement ce que l’on voit et entend qui est signifiant pour l’histoire. Par exemple, vous ne décrirez pas les pensées des personnages parce qu’elles ne sont pas visibles. Traduisez-les plutôt en expression faciale, en comportement, en quelque chose de visuel.

Chacune des scènes doit être réduite à deux ou trois lignes, cinq tout au plus. Limitez-vous à ce qu’on y apprend dans chaque scène, ce qui est nécessaire de savoir pour comprendre la suite. Vous décrirez le “comment on l’apprend” dans la rédaction du scénario. Tenez-vous en à l’ordre causal de l’histoire, le “cause à effet”. Concentrez-vous sur ce qui est “nécessaire” et faites abstraction de ce qui est “intéressant”. Vous aurez l’occasion de vous y attarder à l’étape du scénario.

Ne passez pas toutes les informations en bloc et évitez de créer des scènes uniquement informatives, elles sont rarement captivantes. Dispersez les informations tout au long du récit et voyez à les associer avec des actions, des événements. Débutez le récit avec un minimum de personnages dans des situations assez simples pour laisser le temps au spectateur de comprendre l’histoire qu’on souhaite lui raconter. La mise en situation doit être légère avant que les choses ne se compliquent.

Il est également important d’alterner les scènes de même nature. Par exemple, placez des scènes de dialogues en alternance avec des scènes dont l’action est soutenue afin d’éviter la monotonie et conserver l’intérêt du spectateur. Le fait d’intégrer des scènes plus tranquilles en plein milieu de l’action donne le temps au spectateur d’assimiler le déroulement accéléré de l’histoire, d’espérer pour le protagoniste ou de douter. Cela donne même plus d’importance aux obstacles, par effet de contraste avec des actions plus anodines.

Prenons une comédie en exemple. Si toutes les scènes sont extrêmement drôles, sans relâche, le spectateur risque d’en être épuisé, saturé. Même chose pour une oeuvre dramatique ou d’action. Vous perdrez l’attention du spectateur si vous n’établissez pas des “temps de repos” pour lui. Vous remarquerez que dans les films plus sérieux, ces temps de repos sont souvent teintés de moments comiques ou intimes. Et dans les comédies, ces périodes sont souvent émotives afin d’humaniser le personnage. Passer du personnage principal au personnage secondaire est un autre moyen.

Comme vous le savez, la scène x est la suite de la scène x-1 et annonce la scène x+1. Ou plus réalistement, la scène x est l’une des conséquences par exemple de la scène x-8 et x-5 et aura des répercussions sur les scènes x+4, x+12, x+13 et x+28. Bref, elles ne peuvent être considérées comme indépendantes. Elles forment un tout. Elles n’ont du sens que lorsqu’elles sont placées ensemble, et leur ordre contribue énormément à ce sens.

À la rédaction de chacune des scènes, veillez à reproduire la même structure que vous avez appliquée à l’ensemble de votre oeuvre, c’est-à-dire celle des trois actes (présentation-élément déclencheur-progression-climax-résolution) et ces scènes doivent contenir la triade protagoniste (de la scène, qui n’est pas nécessairement le personnage principal)-objectif-obstacle.

Cette structure doit être appliquée à chacune de vos scènes (à quelques exceptions près), chacun des actes, et à l’ensemble de votre oeuvre. La structure concerne également les séquences. Ce sont des groupes de scènes liées par un sous-objectif commun ou une action. Au théâtre, elle peuvent être également déterminées par les changements de décors.

Bref, la structure en trois actes doit être appliquée à toutes les échelles. On construit chaque partie comme le tout. Lorsqu’appliquée à une scène, le 3e acte par exemple peut se résumer en une seule réplique. Dosez en fonction de l’échelle sur laquelle vous appliquez la structure.

Mais attention, si toutes vos scènes sont construites de la même façon, le spectateur aura une impression de répétition un peu agaçante. Ce n’est pas toutes les scènes qui contiennent du conflit pour la simple et bonne raison qu’il n’est pertinent d’en mettre partout! Les scènes exemptes de conflit sont souvent des scènes où les protagonistes ne rencontrent pas d’obstacle ou encore le personnage principal n’y figure pas. Ce peut être également des scènes de préparation, d’exposition ou encore de caractérisation.

Mais les scènes qui ne contiennent pas de conflit se doivent d’être courtes pour éviter d’ennuyer le spectateur avec des longueurs. Et le fait de chercher à mettre du conflit dans tout pourrait égarer l’auteur de la ligne directrice de l’oeuvre.

Une chose est certaine cependant, c’est que plus vos scènes sont réfléchies, plus l’écriture est facile et agréable et plus l’expérience du spectateur est riche.

Vous devrez être prudent lors de la rédaction de vos scènes inscrites dans le premier acte (de votre oeuvre). Bien qu’il soit gratifiant d’ajouter un “objectif” au protagoniste de chaque scène, assurez-vous que ces mini-objectifs ne font pas d’interférence avec l’objectif principal du récit. Votre spectateur sera confu. Pour éviter la confusion, rappelez-vous que ces mini-objectifs doivent trouver leur résolution à l’intérieur même de la scène en question ou de la séquence dont ils font partie. Ne laissez pas une résolution en suspend ou ne laissez pas entrevoir que la résolution viendra plus tard.

Pour en savoir plus sur la structure d'une histoire, suivez la formation offerte par Version finale!

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