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Comment déjouer les attentes de votre public pour maintenir son intérêt?

Il se peut que le spectateur/lecteur remarque la préparation de vos intrigues. Il anticipera donc la suite.

Cela peut être une bonne chose s’il repère la préparation d’un conflit. S’il remarque que le protagoniste, en entrant chez lui, laisse les clés dans la serrure et referme la porte derrière lui, il s’attendra à ce qu’il les cherche plus tard. Il y voit une perspective de conflit. Si les clés égarées n’ont aucun impact sur la suite des choses, cela aura l’air d’une maladresse lors du tournage.

Par contre, le spectateur/lecteur ne doit pas repérer les préparations de résolution de conflit, ce qui gâcherait considérablement l’intrigue. Vous devez vous assurez que votre préparation n’est pas trop évidente. Et ne préparez pas quelque chose qui n’arrivera pas. Vous laisserez le public sur sa faim. Rappelez-vous que tout ce que vous mettez dans votre récit véhicule du sens, est signifiant pour le spectateur/lecteur. Tout ce que vous placez doit servir sinon retirez le superflu.

Pensez aussi à exploiter au maximum chacune de vos préparations, leurs exploitations et leurs résolutions. Et pourquoi pas tous les éléments narratifs, tous les décors, tous les caractères de vos personnages. Poussez vos scènes au maximum. Allez au bout de tout ce que vous pouvez. Votre histoire demeure racontable si vous ne faites pas l’exercice, mais c’est très gratifiant pour le public et cela rend votre récit tellement intéressant, captivant et surtout cohérent. Cependant, l’exagération peut mener au comique. 

Pour déjouer les spectateurs/lecteurs les plus à l’affût, camouflez une préparation dans la résolution d’une autre. Il ne l’aura pas vu venir, croyant que l’intrigue est réglée voilà qu’on le replonge dans une autre préparation. De ce fait, la résolution de celle-ci sera encore plus gratifiante!

Ou encore, jouez avec l’anticipation du public en créant de fausses attentes. Par exemple, dans les films d’horreur ou de suspense, le spectateur repère très bien le procédé de préparation et c’est parfait ainsi. Cela le place en position d’anticipation. Il sait qu’il va se passer quelque chose mais il ne sait pas quoi. Il s’attend constamment à un effet choc, qui n’arrive pas toujours. Par exemple, dirigez son attention sur une fenêtre laissée ouverte par un temps de forts vents. Les volets font un vacarme dans le vent. Le public pourrait s’attendre à être surpris d’une minute à l’autre. Puis, une ombre provenant de la fenêtre s’étend sur les murs de la pièce… C’est seulement un chat. Le spectateur, croyant s’être fait berner, rira probablement du procédé. Puis, au moment où il ne s’attend plus à rien, vous faites entrer le meurtrier!

Aussi, une seule préparation peut annoncer plus d’un élément à venir! Ou encore, une accumulation de préparation peut annoncer un seul élément significatif! Dans ce cas, vous pourrez vous permettre de gonfler l’ampleur de l’élément annoncé, puisque c’est comme ça dans la vie. Je vous explique. Par exemple, un collègue vous parle comme si vous étiez son subordonné. Cela vous irrite mais n’en dites rien. Le lendemain, votre collègue vous donne un ordre. Cela vous irrite encore, vous lui signifiez que ce qu’il vous demande ne fait pas partie de vos tâches mais qu’il vous fait plaisir de lui rendre un service.

Puis, votre collègue en fait une habitude, ce qui vous irrite toujours un peu plus à chaque jour. Lorsque vous lui signifiez poliment que vous n’avez pas à faire ce qu’il vous demande, il ne semble pas comprendre et s’attaque à votre réticence. À un moment donné, votre réaction ne pourra qu’être explosive, causée par l’accumulation de toutes ces petites irritations persistantes. Il en est de même avec un élément significatif qui fait l’objet de plusieurs préparations. Le public acceptera que les conséquences soient démesurées, qu’un personnage “pète les plombs”. C’est le principe de la goutte qui fait déborder le vase.

Or, si la résolution d’une ou de plusieurs préparation est plus intense, évidemment le public s’en régalera, mais vous devrez faire suivre cette scène de résolution par une scène disons plus tranquille. Vous devez ainsi aménager des temps de repos à votre spectateur/lecteur pour lui laisser le temps de “digérer” ce qui vient d’ébranler son petit confort. Il faut lui laisser le temps de comprendre, d’interpréter, d’anticiper, bref de participer. Détendez l’atmosphère avec un moment joyeux, rigolo ou une scène de réactions ou de commentaires. De toute façon, un rythme très soutenu qui dure trop longtemps fini par être épuisant, lassant et perd de son intérêt. En espaçant vos moments forts par des scènes plus douces, vous créez un effet de contraste et vos scènes fortes en ressortent encore plus frappantes.

L’effet boule de neige

Il y a aussi l’effet boule de neige qu’il ne faut pas confondre avec l’accumulation de préparation qui débouche sur une résolution explosive. Nous savons que les obstacles doivent être toujours de plus en plus imposants au fur et à mesure que le récit avance. En combinant ce crescendo à la causalité qui lient les scènes entre elles, on obtient l’effet boule de neige qui bonifie l’expérience du spectateur/lecteur.

Il se peut que vous rencontriez certaines difficultés à placer les informations narratives dans votre récit. Voici quelques choix qui s’offrent à vous, autres que la préparation: livrer l’information très clairement et très simplement (hé oui!), cacher l’information dans le but de créer un effet de surprise ou en faire un mystère. L’important, c’est de la rendre accessible au public pour sa bonne compréhension et pour son plaisir. Par exemple, si l’un de vos personnages est amateur de chapeaux et que cette caractéristique est significative dans l’histoire, il est évident que vous devrez lui en faire porter quelques-uns. Ou si deux personnages de sexe opposé sont très complices, le spectateur/lecteur risque de les prendre pour un couple. Alors que s’il s’agit d'amis, vous devrez avoir dissimulé cette information préalablement, afin d’éviter toutes confusions qui peuvent être frustrantes pour le public.

Et lorsque vous avez des détails comme ceux-ci à communiquer au public, faites-le deux à trois fois, pour annoncer au spectateur/lecteur qu’il s’agit de quelque chose d’important à retenir. Pour éviter l’impression de “redite”, présentez les détails avec des variantes, des nuances à chaque fois. Profitez-en pour apporter des précisions sur ces éléments en question. Entre autres, l’objectif du protagoniste est un des éléments à répéter quelques fois à son public. Ici, il est impératif de différencier la préparation et l’intégration d’information. Vous pouvez informer vos spectateurs ou vos lecteurs sans nécessairement être en train de les préparer à quelque chose.

 

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