Admission 0

Comment capter et maintenir l'attention de votre public ?

La fausse piste

Au début du récit, vous pouvez capter l’attention et l’intérêt du spectateur/lecteur en lui livrant une petite partie de la fin, qui ne peut pas comprendre pour l’instant puisqu’il ne connait absolument rien de l’histoire. Alors, tout au long de l’histoire, il se questionnera sur “comment est-ce que toute cette action s’alignera pour en arriver là?” Mais comme il a déjà vu la fin, comment le surprendre? Comment éviter de le décevoir avec une fin qu’il connait déjà? Vous pouvez utiliser cette formule pour envoyer le public sur une fausse piste, la partie de la fin étant un indice trompeur!

Le double sens

Ou encore, la fin peut cacher un double sens. Le spectateur/lecteur, ayant accédé au premier sens de la fin en tout début de récit, orientera sa compréhension de l’histoire et son interprétation de l’information en ce sens tout au long du film. Puis, vous lui dévoilerez le double sens à la fin. Ce sera, en quelque sorte, une nouvelle fin pour lui. Il devra alors réinterpréter rétrospectivement toute l’histoire qu’il vient de voir selon la deuxième fin. Tout un effet de surprise alors qu’il croyait déjà savoir comment tout cela allait se terminer.

Il sera important de semer des indices de cette deuxième interprétation possible. Celles auxquelles il repensera rétroactivement et se dira “mais oui!” Tous les indices s’y trouvaient (sous forme de connotation probablement), mais le spectateur/lecteur était tellement occupé à interpréter tout ce qu’il voyait selon la fin qu’il a vue, qu’il ne leur a porté aucune attention. Le sens qu’il attribuait précédemment à l’information exposée a soudainement une signification moindre. Le public s’est fait, en quelques sortes, berné et il en sera surpris et amusé. Maîtrisez votre histoire avant de vous prêter à ce jeu avec le spectateur/lecteur! Et en le faisant “travailler”, cela fait en sorte qu’il s’approprie l’histoire à sa façon. Le double sens vous permet des possibilités de surprises, de révélations soudaines, de revirements, etc.

La surprise

Bref, vous pouvez toujours raconter votre histoire en ordre chronologique mais en cachant certaines informations à votre public, en le trompant, en l’induisant en erreur! Car en fait, tout ce que le spectateur/lecteur ne déduit pas par lui-même ou qu’il n’a pas su est sujet à surprendre. L’effet de surprise est dosable et lorsqu’il est plus intense qu’à l’habitude, on peut parler d’un coup de théâtre.

Il est important de différencier surprise et suspense. Par exemple, le personnage principal se déplace en voiture et un chevreuil se jette devant lui causant un accident. C’est un effet de surprise. Si, pendant que le personnage se déplace en voiture, le public sait qu’il y a un chevreuil apeuré qui court tout droit vers la route qu’emprunte le protagoniste, il y a du suspense. Tant et aussi longtemps que le chevreuil n’est pas arrivé sur la route, rien n’indique qu’il y aura un accident, seulement la possibilité d’un accident! Dans le premier cas, nous avons fait vivre un effet de surprise au public pendant quelques secondes. Dans le deuxième cas, nous avons fait participer le public en lui indiquant une menace à l’avance. Nous lui avons fait vivre un effet de suspense pendant quelques minutes. Faites participer votre public aussi souvent que possible. Cela fait partie de son plaisir et de son appréciation de votre oeuvre.

Le mystère

Contrairement à la surprise, le mystère ne consiste pas à cacher de l’information au public. Il s’agit “d’annoncer” au spectateur/lecteur qu’il y a une information importante qui ne lui est pas accessible pour le moment mais que ça viendra. Le mystère est fréquemment utilisé au sein de récits insolites. Assurez-vous cependant que l’information que vous avez choisie de lui exposer plus tard et pour laquelle vous avez créé une attente ne soit pas décevante. Elle doit être d’ampleur et chargée de sens. Ne faites pas l’erreur que certains auteurs font de ne pas amener de résolution au mystère créé. Cela s’avère décevant pour le public. Le mystère doit être amené comme une complicité entre vous et le public à l’égard du personnage.

Il ne faut pas confondre non plus le mystère avec la fausse piste. La fausse piste vise à créer une certitude dans l’esprit du spectateur/lecteur, mais une certitude sur les mauvais éléments. Il se rend compte qu’il suivait les mauvais indices seulement au moment de la résolution. Tandis que lorsque le public a affaire à un mystère, il sait qu’il n’a accès qu’à une partie de l’information. La résolution du mystère lui apparaît comme un dévoilement attendu, alors que la résolution de la fausse piste s’apparente à l’effet de surprise inattendu. Bref, lorsque l’information est complètement cachée au spectateur/lecteur, on obtient un effet de surprise, lorsqu’elle est fausse, on obtient la fausse piste et lorsqu’elle n'est livrée qu’en partie, on obtient le mystère.

Rappelez-vous que votre public est toujours en mode d’anticipation. Il anticipe les actions à venir. C’est plus fort que lui. Jouez avec son anticipation, avec sa curiosité. Dirigez son anticipation sur les bons ou mauvais éléments, faites-le croire certaines conclusions, créez-lui des attentes, etc. Et surprenez-le en amenant autre chose contre ses attentes, contre son idée à un autre moment, d’une autre façon tout en préservant la causalité.

Qu’importe l’histoire que vous voulez raconter, même l’histoire la plus simple qu’il soit, vous rencontrerez immanquablement des contraintes à respecter ou à contourner. Il vous faudra faire preuve de souplesse sur certaines choses, qui ne sont pas les mêmes d’une histoire à l’autre.

Pour d'autres trucs, suivez la formation offerte par Version finale!

Pour recevoir nos articles par courriel, inscrivez-vous à l'infolettre !

 



Article précédent Article suivant


Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés